De la première consécration de l’Égypte en 1957 au dénouement controversé de la finale entre le Sénégal et le Maroc en 2026, les finales de la CAN ont offert au football africain des moments inoubliables. Séances de tirs au but interminables, exploits historiques, favoris renversés et buts décisifs : certaines rencontres ont dépassé le simple cadre sportif pour entrer dans la mémoire collective. Retour sur sept finales qui ont marqué l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations.
1957 : l’Égypte inaugure l’histoire de la CAN
C’est la première des finales de la CAN. En effet, première finale de la Coupe d’Afrique des nations se dispute le 16 février 1957 à Khartoum, au Soudan. Pour cette édition inaugurale, trois sélections prennent part à la compétition : l’Égypte, l’Éthiopie et le pays hôte, le Soudan. L’Afrique du Sud, initialement invitée, est écartée en raison de sa politique d’apartheid.
Sur le terrain, les Pharaons ne laissent aucune chance à l’Éthiopie. Ils s’imposent sur le score de 4-0 et deviennent les premiers champions d’Afrique. Le grand artisan de cette victoire est Mohamed Diab El Attar, surnommé « Diba », auteur des quatre buts de la rencontre.
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Selon la Confédération africaine de football (CAF), ce succès marque le début d’une histoire continentale qui fera de l’Égypte la nation la plus titrée de la compétition. Dès cette première finale, les Pharaons posent les bases d’une domination appelée à se prolonger pendant plusieurs décennies.
1990 : l’Algérie décroche son premier sacre à domicile

Trente-trois ans après la première édition, l’Algérie inscrit son nom au palmarès de la CAN. Organisateurs du tournoi, les Fennecs abordent la finale de 1990 avec une ambition claire : transformer l’avantage du terrain en premier titre continental.
Au stade du 5-Juillet, à Alger, la sélection algérienne affronte le Nigeria. Dans une enceinte acquise à sa cause, elle s’impose 1-0 grâce à un but de Chérif Oudjani. Ce succès récompense une génération talentueuse, portée notamment par Rabah Madjer et Djamel Menad.
Pour l’Algérie, cette finale représente bien davantage qu’une victoire sportive. Elle consacre une équipe qui a su répondre aux attentes de tout un pays et ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire du football algérien.
Le sacre de 1990 restera ainsi associé à l’enthousiasme populaire et à la première étoile continentale des Fennecs.
1992 : la Côte d’Ivoire sacrée après 24 tirs au but
Le 26 janvier 1992, au stade de l’Amitié de Dakar, la Côte d’Ivoire et le Ghana se disputent le titre continental. À l’époque, les Black Stars partent favoris, forts de leurs quatre sacres à la CAN, contre aucun pour les Éléphants. Mais les Ivoiriens déjouent les pronostics et s’offrent leur première Coupe d’Afrique des nations au terme d’une finale interminable.
Solide tout au long du tournoi, la sélection ivoirienne n’a encaissé aucun but. Son gardien, Alain Gouaméné, joue un rôle déterminant dans ce parcours, notamment en demi-finale contre le Cameroun, où il repousse trois tentatives lors de la séance des tirs au but, remportée 3-1 après un match nul (0-0).
Face au Ghana, les deux équipes ne parviennent toujours pas à se départager après 120 minutes de jeu. Il faut alors 24 tirs au but pour désigner le vainqueur. La Côte d’Ivoire finit par l’emporter 11-10, après l’arrêt décisif de Gouaméné devant Anthony Baffoe. Basile Aka Kouamé transforme ensuite la tentative qui offre aux Éléphants leur premier sacre continental.
Au-delà de ses performances sportives, Alain Gouaméné entre également dans la légende pour son fameux sac blanc, placé près de ses cages pendant la compétition et auquel certains attribuaient des vertus mystiques. Une superstition que le gardien a relativisée dans un entretien accordé à L’Équipe : « J’ai vu d’entrée que les Ghanéens avaient peur de mon sac. Mais il n’y avait rien dedans. »
2000 : le Cameroun triomphe au bout du suspense
L’une des finales de la CAN qui a marqué est celle de la CAN 2000 qui opposa deux poids lourds du football africain : le Cameroun et le Nigeria. Disputée le 13 février 2000 à Lagos, au Nigeria, la rencontre se transforme en un affrontement spectaculaire entre deux sélections déterminées à soulever le trophée.
Les Nigérians prennent l’avantage, mais les Lions indomptables reviennent dans la partie. Au terme du temps réglementaire, les deux équipes sont à égalité, 2-2. La décision se joue alors aux tirs au but.
Dans cet exercice, le Cameroun s’impose 4-3 et décroche son troisième titre continental. La victoire prend une dimension particulière puisque les Lions indomptables viennent de battre le pays organisateur sur ses terres.
Cette finale illustre l’une des grandes caractéristiques des finales de la CAN : une rencontre peut basculer en quelques minutes, et la pression d’une séance de tirs au but suffit parfois à faire la différence entre le triomphe et la désillusion.
2006 : l’Égypte brise le rêve ivoirien

Au Caire, le 10 février 2006, l’Égypte et la Côte d’Ivoire se disputent le titre continental. D’un côté, les Pharaons bénéficient du soutien de leur public. De l’autre, les Éléphants s’appuient sur une génération dorée emmenée par Didier Drogba, déterminée à offrir au pays sa première CAN.
Le duel est serré. Aucune des deux équipes ne parvient à marquer pendant le temps réglementaire et les prolongations. Il faut donc recourir aux tirs au but pour départager les finalistes.
L’Égypte s’impose finalement 4-2 dans cet exercice. Le gardien Essam El-Hadary joue un rôle majeur dans cette consécration, tandis que la Côte d’Ivoire voit son rêve s’effondrer au moment décisif.
Ce succès lance une période exceptionnelle pour les Pharaons. Sous la direction d’Hassan Shehata, ils remportent également les éditions 2008 et 2010, établissant une série historique de trois titres consécutifs.
Pour Didier Drogba et ses coéquipiers, cette finale reste le symbole d’une génération talentueuse qui a longtemps cherché à transformer son potentiel en sacre continental.
2012 : la Zambie réalise un exploit historique
La finale de la CAN 2012 figure parmi les scénarios les plus marquants de l’histoire du football africain. Face à la Côte d’Ivoire, grande favorite de la compétition, la Zambie rêve de décrocher un premier titre continental.
La rencontre, disputée à Libreville, au Gabon, reste indécise pendant 120 minutes. Les Éléphants disposent pourtant d’une occasion en or lorsque Didier Drogba obtient un penalty. Mais l’attaquant ivoirien manque sa tentative, laissant les deux équipes à égalité.
La décision se joue aux tirs au but. Après une longue série, les Chipolopolo s’imposent 8-7 et remportent leur première Coupe d’Afrique des nations.
Le contexte rend cet exploit encore plus émouvant. La finale se déroule à Libreville, près du lieu où un avion transportant la sélection zambienne s’était écrasé en 1993, causant la mort de 30 personnes, dont 18 joueurs de l’équipe nationale.
Près de vingt ans après cette tragédie, la Zambie offre au pays une victoire chargée de symboles. Guidée par le sélectionneur Hervé Renard, elle fait tomber une équipe ivoirienne composée de plusieurs grandes figures du football africain. Cette finale rappelle que, dans le football, le statut de favori ne garantit jamais la victoire.
2019 : l’Algérie surprend le Sénégal
Le 19 juillet 2019, l’Algérie et le Sénégal s’affrontent au stade international du Caire pour le titre continental. Les deux équipes ont réalisé un parcours solide, mais les Fennecs prennent rapidement l’avantage.
Dès la deuxième minute, Baghdad Bounedjah déclenche une frappe déviée qui trompe le gardien sénégalais. Ce but précoce donne l’avantage à l’Algérie et change la physionomie de la rencontre.
Malgré les tentatives de Sadio Mané et de ses coéquipiers, le Sénégal ne parvient pas à égaliser. Les Algériens résistent jusqu’au coup de sifflet final et s’imposent 1-0.
Cette victoire offre à l’Algérie son deuxième titre africain, 29 ans après celui obtenu à domicile en 1990. Elle récompense une équipe organisée et efficace, dirigée par Djamel Belmadi.
Pour le Sénégal, la défaite est douloureuse. Les Lions de la Teranga échouent une nouvelle fois en finale, après leur revers contre le Cameroun en 2002. Ils devront attendre 2022 pour remporter leur première CAN.
La finale de 2019 reste ainsi un exemple de l’importance des détails dans l’histoire des finales de la CAN : un but inscrit dès les premières minutes peut suffire à décider du sort d’un titre.
2025-2026 : Sénégal-Maroc, une finale devenue historique après le verdict de la CAF
La finale de la CAN 2025, disputée le 18 janvier 2026 à Rabat, devait opposer deux ambitions : celle du Maroc, en quête d’un deuxième sacre continental, et celle du Sénégal, qui espérait confirmer son statut parmi les grandes nations africaines.

La rencontre est tendue et indécise. Les deux équipes se neutralisent pendant le temps réglementaire, mais le match bascule dans les arrêts de jeu. Après une décision arbitrale controversée et une interruption provoquée par le départ temporaire des joueurs sénégalais vers les vestiaires, le Maroc obtient un penalty.
Brahim Díaz manque sa tentative face à Édouard Mendy. En prolongation, Pape Gueye inscrit le but qui semble offrir la victoire au Sénégal. Les Lions de la Teranga s’imposent alors 1-0 sur le terrain.
Cependant, cette finale connaît un rebondissement majeur plusieurs semaines plus tard. Le 17 mars 2026, le Jury d’appel de la CAF décide de déclarer le Sénégal forfait et d’enregistrer une victoire 3-0 en faveur du Maroc, en application du règlement de la compétition.
Selon la CAF, cette décision attribue donc officiellement le titre aux Lions de l’Atlas. Le résultat sportif initial, marqué par le but de Pape Gueye, ne correspond plus au résultat homologué par l’instance continentale. Devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), la Fédération sénégalaise de football a contesté la décision de la CAF. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) devrait rendre sa décision fin novembre 2026 concernant le litige entre la Fédération sénégalaise de football (FSF) et la CAF.
Cette affaire fait de cette finale un épisode singulier dans l’histoire des finales de la CAN : le vainqueur désigné sur le terrain a été remplacé par une décision administrative et disciplinaire. Elle soulève également des questions sur l’application des règlements, la conduite des équipes et les conséquences des incidents survenus pendant une rencontre. Au-delà du résultat, cette finale restera marquée par son intensité, les tensions arbitrales et un dénouement exceptionnel qui a profondément modifié le palmarès de la compétition.




