Rodri sacré au nez et à la barbe de Vinícius Jr, Ribéry éclipsé malgré un triplé historique, Sneijder absent du podium après une saison de rêve : les polémiques du Ballon d’Or font partie de l’histoire du trophée autant que les génies qu’il récompense. Critères flous, votes divisés, calendrier bousculé : voici les éditions qui ont mis le monde du football en ébullition.
2024 : Rodri-Vinícius Jr, le psychodrame moderne
Parmi toutes les polémiques du Ballon d’Or, c’est la plus récente et l’une des plus bruyantes. Après une saison XXL et une Ligue des champions remportée avec le Real Madrid, Vinícius Jr était présenté comme le grand favori. Le trophée est pourtant revenu au milieu espagnol Rodri, champion d’Europe avec la Roja.
Le résultat ayant fuité quelques heures avant la cérémonie, le Real Madrid a décidé de boycotter l’événement à Paris. Les chaises de sa délégation sont restées vides. Après deux ans de fortes tensions et de boycott globalisé, le Real Madrid a officiellement mis fin à cette politique de la chaise vide en envoyant à nouveau une délégation de premier plan pour l’édition du Ballon d’Or d’octobre 2026.
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2013 : Ribéry dépossédé, Ronaldo décisif

En 2013, Franck Ribéry réalise une année parfaite avec le Bayern Munich : Ligue des champions, Bundesliga, Coupe d’Allemagne, et le titre de meilleur joueur UEFA. Il termine pourtant 3e du scrutin avec 23 % des voix, derrière Lionel Messi (24 %) et Cristiano Ronaldo (27 %), selon les chiffres rappelés par RMC Sport.
Le point de crispation : les votes, alors chapeautés par la FIFA, avaient été repoussés de plusieurs jours. Entre-temps, Ronaldo a inscrit quatre buts en deux matchs contre la Suède en barrage, dont un triplé au retour, et qualifié le Portugal pour le Mondial 2014. Une chronologie jugée « écœurante et troublante » par RMC Sport.
L’intéressé ne l’a jamais digéré. « Pour moi c’est comme un vol, une injustice », a-t-il confié à Canal+ en 2018. Il a aussi déclaré à L’Équipe : « Je n’ai toujours pas digéré. »
2010 : Messi sacré, Sneijder oublié

Le Ballon d’Or 2010 reste le symbole du fossé entre le vote des journalistes et celui des sélectionneurs et capitaines. Lionel Messi l’emporte avec 22 % des voix, devant Andrés Iniesta (17 %), buteur en finale du Mondial, et Xavi (16 %). Il avait pourtant été éliminé en quarts de finale par l’Allemagne (4-0) et n’avait pas gagné la Ligue des champions.
Wesley Sneijder, triplé avec l’Inter Milan et finaliste du Mondial avec les Pays-Bas, n’est même pas sur le podium. Si seules les voix des journalistes avaient compté, il aurait été sacré. Messi lui-même s’est dit surpris : « Tous les pronostics donnaient Xavi ou Iniesta vainqueurs. » En 2018, à son départ du Barça, France Football a demandé « pardon » à Iniesta.
2019 : Van Dijk, le cas Liverpool
La veille de la cérémonie, RMC Sport l’écrivait : le nom du lauréat ferait « quoiqu’il arrive débat ». Entre Messi, Ronaldo et les Reds Sadio Mané et Virgil van Dijk, le défenseur néerlandais, sacré en Ligue des champions, avait de solides arguments. Messi a fini par l’emporter, relançant le débat sur la place des défenseurs dans la course au trophée.
2003 : Nedvěd devant Henry

En 2003, Thierry Henry domine la Premier League avec Arsenal. Le trophée revient pourtant au milieu de la Juventus, Pavel Nedvěd, finaliste malheureux de la Ligue des champions (suspendu pour la finale). Le choix suscite encore l’incompréhension chez de nombreux amateurs de football anglais et français.
2006 : Cannavaro, Pirlo oublié
Sacré dans la foulée du titre mondial de l’Italie, Fabio Cannavaro (173 points) devance Gianluigi Buffon (124) et Thierry Henry (121). Andrea Pirlo, lui, n’est que 9e avec 17 points. « Une aberration » pour de nombreux observateurs, d’autant que son sélectionneur Cesare Prandelli estimait en 2012 qu’il devrait remporter le Ballon d’Or.
Les autres sacres contestés

2001 : Michael Owen devance de peu Raúl, icône du Real Madrid, malgré cinq trophées avec Liverpool.
2000 : deux coups de tête de Zidane avec la Juventus ont, selon RMC Sport, pesé lourd. Luis Figo l’emporte.
1999 : David Beckham, triplé avec Manchester United, s’incline face à Rivaldo, qui avait 65 voix de plus.
Pourquoi ces polémiques reviennent chaque année
Les polémiques du Ballon d’Or reposent sur les mêmes ressorts : un électorat divisé, des critères jamais clairement définis (trophées collectifs, statistiques, impact en Coupe du monde) et un calendrier qui peut peser sur l’issue du vote. C’est ce qui nourrit le débat à chaque édition.




