Lion indomptable, Éléphants, Lions de la Teranga, Super Eagles, Fennecs : les surnoms des équipes africaines sont parmi les plus imagés du monde. Derrière chaque nom, il y a un animal national, un souvenir de colonisation ou un bout d’histoire. Voici l’origine des surnoms les plus célèbres du continent.
Surnoms des équipes africaines : le bestiaire
La plupart des sélections africaines choisissent un surnom lié au monde animal, à la culture, à l’histoire ou à la géographie. Le plus souvent, le lion, l’aigle ou l’éléphant. Le lion est le plus répandu : on le retrouve au Maroc, au Cameroun ou au Sénégal. Mais tous ne sont pas animaliers. Certaines sélections ont choisi des surnoms historiques, culturels ou sociaux.
Les lions : Atlas, Teranga et Indomptables
Maroc, les Lions de l’Atlas : Le nom rappelle les lions de Barbarie qui arpentaient les montagnes d’Afrique du Nord. La dernière photo connue d’un lion sauvage au Maroc date de 1925, prise depuis un avion par le photographe de l’armée française Marcelin Flandrin.
Sénégal, les Lions de la Teranga : La « teranga » signifie hospitalité en wolof. C’est la valeur cardinale de la culture sénégalaise, qui désigne l’accueil, le partage, la bienveillance et l’hospitalité envers l’autre. « Les Sénégalais ne le sont qu’en dehors du terrain » : les athlètes sénégalais (les Lions de la Teranga) perdent toute gentillesse pour devenir des compétiteurs redoutables, agressifs et déterminés à gagner. Sur le terrain, c’est la victoire qui compte.
Cameroun, les Lions Indomptables : Le lion est l’animal national. Selon Flashscore, l’adjectif « indomptables » a été ajouté en 1972, après la troisième place du Cameroun à la CAN cette année-là. Le surnom est apparu dans les années 1970 pour souligner le caractère combatif de l’équipe.

RDC, les Léopards : Après l’indépendance, en 1960, la sélection nationale de la RDC était surnommée les Lions. En 1971, sous la présidence de Mobutu Sese Seko, elle devient les Léopards, en référence à l’animal symbole du régime zaïrois. À la chute de Mobutu, en 1997, le pays reprend le nom de République démocratique du Congo et l’équipe est rebaptisée les Simbas, un terme swahili signifiant « lions ». En décembre 2006, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) réadopte officiellement le surnom des Léopards, toujours utilisé aujourd’hui.
Aigles et éléphants : Super Eagles, Aigles de Carthage, Éléphants
Nigeria, les Super Eagles : Selon Africanews, l’équipe a adopté les couleurs vert et blanc du drapeau après l’indépendance de 1960. Elle a d’abord été appelée « UK Tourists », puis « Red Devils » et « Green Eagles », avant de devenir les Super Eagles dans les années 1980. Selon Flashscore, c’est en 1988, après la défaite en finale de la CAN face au Cameroun, que ce nom est devenu officiel.

Tunisie, les Aigles de Carthage : La sélection tunisienne de football est surnommée les Aigles de Carthage, une appellation qui associe la puissance et l’agilité de l’aigle à l’héritage historique de Carthage, l’ancienne cité punique qui a marqué l’histoire de la Méditerranée. Ce surnom symbolise la fierté nationale et l’attachement de la Tunisie à son patrimoine historique. Sur le terrain, l’aigle évoque également la force, la majesté et l’ambition d’une équipe déterminée à défendre les couleurs de son pays dans les compétitions internationales.
Mali, les Aigles : Le surnom des Aigles du Mali trouve son origine dans une anecdote remontant au début des années 1970. Alors que la sélection malienne était entraînée par l’Allemand Carl-Heinz Weigang, celui-ci aurait rapporté des maillots de l’équipe nationale allemande, ornés d’un aigle sur leur écusson. Inspiré par cet emblème, la légende du football malien Salif Keïta aurait proposé à ses coéquipiers d’adopter le surnom des Aigles. La première participation du Mali à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), en 1972, ponctuée par une place de finaliste, a contribué à populariser cette appellation, devenue depuis un symbole de la sélection nationale.
Côte d’Ivoire, les Éléphants : L’éléphant est l’animal emblématique de la Côte d’Ivoire, figurant sur les armoiries nationales et rappelant l’histoire du commerce de l’ivoire qui a donné son nom au pays. Symbole de puissance, de sagesse et de résistance, il a été mondialement popularisé sous le nom des « Éléphants » par les générations de footballeurs menées notamment par Didier Drogba.

Les surnoms qui racontent l’histoire
Ghana, les Black Stars : L’étoile noire du drapeau symbolise la liberté et l’émancipation africaine, héritage du premier président, Kwame Nkrumah. Ce symbole a d’abord été utilisé par les mouvements panafricanistes, avant que Theodosia Okoh ne le place sur le drapeau en 1957.
Égypte, les Pharaons : L’équipe nationale de football de l’Égypte est surnommée les « Pharaons » en hommage aux dirigeants de l’Égypte antique, symbolisant la puissance et l’histoire millénaire du pays.
Afrique du Sud, les Bafana Bafana : L’expression zouloue signifie « les garçons, les garçons » et s’est popularisée après la fin de l’apartheid.
Zambie, les Chipolopolo : Le surnom de l’équipe de Zambie, les Chipolopolo, signifie littéralement « les balles de cuivre » en langue bemba. Ce nom fait directement référence à la principale ressource naturelle et exportation du pays : la Zambie est l’un des plus grands producteurs de cuivre en Afrique et au monde.
Tanzanie, les Taifa Stars : « Taifa » signifie « nation » en swahili. Ce surnom symbolise l’unité et la fusion de 1964 entre le Tanganyika continental et l’archipel de Zanzibar pour former la Tanzanie moderne.
Comores, les Cœlacanthes : La sélection nationale de football des Comores est surnommée les Cœlacanthes, en référence à un poisson préhistorique souvent qualifié de « fossile vivant ». Longtemps considéré comme disparu depuis des millions d’années, ce poisson a été redécouvert vivant en Afrique du Sud en 1938. Une importante population de cœlacanthes vit dans les eaux profondes de l’archipel des Comores, faisant de cet animal un symbole emblématique du pays. Ce surnom reflète ainsi l’identité naturelle des Comores et distingue leur équipe nationale sur la scène du football africain.
Bénin, les Guépards : L’équipe nationale de football du Bénin a officiellement abandonné le surnom d’« Écureuils » pour adopter celui de « Guépards » en août 2022. Cette transition a été initiée pour conférer à la sélection une image plus dynamique, ambitieuse et conquérante sur la scène internationale.

Burkina Faso, les Étalons : Deux étalons figurent sur les armoiries du Burkina Faso en référence à la légende de la princesse Yennenga, princesse guerrière et ancêtre mythique des Mossis. Cet héritage équestre se reflète également dans le surnom de l’équipe nationale de football et la plus haute distinction du FESPACO.
Algérie, les Fennecs : Les Fennecs est le surnom officiel de l’équipe nationale de football de l’Algérie, également appelée Les Verts en référence à la couleur de leur maillot historique, symbolisant l’espoir, l’identité de la nation et l’unité de l’équipe sur la scène internationale.
D’autres surnoms des équipes africaines insolites
Selon Africanews, l’Angola s’appelle les Palancas Negras (antilopes noires), l’Ouganda les Cranes (grues couronnées), le Botswana les Zèbres, le Mozambique les Mambas, le Gabon les Panthères et le Zimbabwe les Warriors. Le Soudan est surnommé les Faucons de Jediane, d’après un oiseau présent sur ses armoiries.
Les surnoms des équipes africaines ne sont pas de simples noms de scène : ils portent la mémoire des pays, de leurs animaux, de leurs luttes et de leurs symboles. Du Cameroun, dont le surnom s’est construit dans les années 1970, au Bénin, qui a changé de nom en 2022, ils continuent d’évoluer. Qu’ils s’appellent Éléphants, Pharaons ou Black Stars, ces noms font aujourd’hui partie de l’identité du football africain.




