Il y a quelques semaines encore, le Sabah FC était quasiment inconnu du grand public européen. Jeudi 10 septembre, le club azerbaïdjanais entrera pourtant dans une autre dimension avec un déplacement à Old Trafford pour défier Manchester United. Et ce n’est que le début d’un parcours vertigineux : le Barça, Arsenal, le Borussia Dortmund, Naples ou encore Villarreal attendent également les « Hiboux ». Pour un club fondé en 2017, cette première participation à la phase de ligue ressemble déjà à un scénario de cinéma.
De l’anonymat à la Champions League en seulement neuf ans
L’histoire du Sabah FC est d’abord celle d’une ascension fulgurante. Fondé en 2017, le club basé à Masazir n’a attendu que neuf années pour atteindre la phase de ligue de la plus prestigieuse compétition européenne. En 2025-2026, Sabah a remporté le premier championnat d’Azerbaïdjan de son histoire, avec neuf points d’avance sur Qarabağ, tout en conservant la Coupe nationale. Mais le plus impressionnant reste son parcours qualificatif.
Parti dès le premier tour, Sabah a éliminé successivement The New Saints, KuPS, Aarhus puis Hapoel Beer-Sheva. Face au club israélien, les Azerbaïdjanais avaient perdu 2-1 à l’aller avant de renverser la situation au retour avec un spectaculaire 5-2 après prolongation. Au total, Sabah a remporté six de ses huit matches de qualification, avec quatre clean sheets. Le club est ainsi devenu l’un des quatre débutants de cette édition 2026-2027, aux côtés de Como, LASK et Viking. Son coefficient UEFA, lui, est de 244 : un chiffre qui illustre l’écart entre son statut et celui de ses prochains adversaires.

Manchester United, Barça, Arsenal, Dortmund : le tirage qui ne pardonne rien
Le baptême européen de Sabah aurait difficilement pu être plus spectaculaire. Manchester United sera son premier adversaire, à Old Trafford, le 10 septembre. Le club azerbaïdjanais recevra ensuite le Slavia Prague puis le Borussia Dortmund avant de se déplacer chez Viking. En novembre, il accueillera le FC Barcelone, avant de voyager à Villarreal. Les deux dernières journées offriront encore Naples à domicile puis Arsenal à l’extérieur.
Pour un nouveau venu, cette succession de grands noms constitue évidemment un défi colossal. Mais elle représente aussi une occasion exceptionnelle. Chaque rencontre permettra à Sabah de mesurer son niveau face à des équipes habituées aux soirées européennes et de donner une visibilité considérable à ses joueurs. L’écart financier et sportif est immense. Pourtant, c’est précisément ce déséquilibre qui rend son aventure intéressante : Sabah n’a pas besoin d’être favori pour marquer cette Champions League. Un exploit à Old Trafford, un nul contre Barcelone ou une victoire à domicile contre un cador suffirait à transformer son parcours en véritable phénomène.
Veljko Simić et Valdas Dambrauskas, les deux visages de l’exploit

Sabah ne débarque toutefois pas en Champions League sans arguments. L’un de ses principaux atouts s’appelle Veljko Simić. L’attaquant serbe a inscrit six buts lors des huit matches de qualification et terminé la campagne avec 11 réalisations en championnat d’Azerbaïdjan. L’UEFA le présente logiquement comme le joueur clé du club. Sur le banc, Valdas Dambrauskas apporte une autre dimension à cette histoire. Le technicien lituanien possède un parcours atypique : en 2002, il avait remporté 4 000 litas dans la version lituanienne de « Qui veut gagner des millions ? ».
Il avait utilisé cet argent pour partir en Angleterre et poursuivre sa formation d’entraîneur. Il a ensuite travaillé notamment dans les structures de jeunes de Manchester United avant de construire une carrière à travers plusieurs championnats européens. Le destin offre donc une curieuse boucle à Dambrauskas : des années après avoir travaillé avec de jeunes joueurs dans l’environnement de Manchester United, il s’apprête à revenir à Old Trafford… cette fois pour y diriger un adversaire en Ligue des champions.
Sabah FC peut-il transformer son rêve européen en exploit historique ?
Sabah FC ne joue pas seulement sa première Champions League. Il joue l’occasion de changer définitivement son statut. Le club a déjà accompli l’essentiel en traversant quatre tours qualificatifs et en devenant le premier représentant azerbaïdjanais à rejoindre la phase de ligue depuis Qarabağ. La suite sera beaucoup plus difficile. Mais c’est justement ce qui rend cette aventure fascinante. Face à Manchester United, Barcelone, Arsenal ou Dortmund, Sabah n’a rien d’un favori. Il a cependant quelque chose que les géants européens possèdent parfois moins : la liberté de rêver sans pression. Et si le véritable exploit n’était pas de gagner la Champions League, mais de faire trembler quelques-uns de ses géants ?




