Chronique — Il était entré dans l’histoire par une porte presque anecdotique. Il en est sorti sous les larmes et les ovations de plus de 80 000 Argentins. Mardi 6 octobre 2026, au Monumental de Buenos Aires, Lionel Messi a disputé son dernier match avec l’Albiceleste. Face au Bénin, le capitaine a offert une ultime démonstration : deux passes décisives, un but sur penalty et une victoire 3-0. À 39 ans, le numéro 10 a refermé plus de deux décennies d’une histoire internationale faite de génie, de doutes, de défaites et, finalement, de consécration.
De Rosario au maillot argentin
Avant le « Capitan Eterno », il y avait simplement un enfant de Rosario et un ballon. À quatre ans, Lionel Messi commence à jouer à Abanderado Grandoli, avant de rejoindre Newell’s Old Boys à sept ans. Entre 1994 et 1999, il inscrit 234 buts en 176 rencontres avec les équipes de jeunes du club. Quelques années plus tard, il part pour Barcelone.
L’Espagne tentera ensuite de l’attirer dans ses sélections. Messi choisit pourtant l’Argentine. En 2005, il devient champion du monde U20, meilleur buteur et meilleur joueur du tournoi. Quelques semaines plus tard, le 17 août, il découvre la sélection A contre la Hongrie. Son premier match ne dure que quelques secondes : entré en seconde période, il est expulsé après seulement 47 secondes. Personne ne pouvait alors imaginer que cette entrée manquée serait le premier chapitre d’une aventure longue de 21 ans.

Les blessures d’un génie
Lionel Messi connaît rapidement les sommets, mais son histoire avec l’Argentine n’est pas immédiatement une histoire d’amour. La finale du Mondial 2014 perdue contre l’Allemagne, puis celles de la Copa América 2015 et 2016 perdues face au Chili, installent un doute autour du joueur. En 2016, après une nouvelle défaite aux tirs au but et un penalty manqué, Messi annonce même sa retraite internationale. Mais il revient. Et cette fois, l’histoire va changer.
En 2021, il remporte enfin la Copa América. En 2022, au Qatar, il réalise le rêve ultime : soulever la Coupe du monde avec l’Argentine. Deux ans plus tard, il ajoute une nouvelle Copa América à son palmarès. Les critiques se transforment progressivement en admiration. Celui à qui l’on reprochait autrefois de ne pas suffisamment incarner l’Albiceleste devient son capitaine, son symbole et son champion.
Une dernière danse au Monumental pour Lionel Messi
Puis vient le 6 octobre 2026. Pour sa dernière apparition, Lionel Messi n’a rien perdu de son influence. Une passe décisive pour Nicolás Otamendi, une autre pour Nico Paz, puis un penalty transformé : le scénario semble écrit pour lui. L’Argentine s’impose 3-0 et Messi quitte la scène internationale avec 208 sélections et 126 buts selon les bilans établis après la rencontre. Après le coup de sifflet final, le football laisse place à l’homme. Ému, Lionel Messi remercie son pays et évoque la fierté d’avoir porté ce maillot dans les bons comme dans les mauvais moments. « Vous allez me manquer », lance-t-il finalement au public.
Dans le ciel du Monumental, les drones dessinent son numéro 10 et les mots « Capitan Eterno ». Puis sa famille le rejoint sur la pelouse. Messi serre ses enfants, salue une dernière fois les tribunes et quitte le stade. L’enfant de Rosario est devenu champion du monde. Le prodige devenu légende quitte l’Albiceleste avec des records, des trophées et surtout une histoire de rédemption.
Le maillot numéro 10 changerait de propriétaire. Mais, pour l’Argentine, le capitaine restera éternel.




