Malgré les controverses qui entourent sa présidence, Gianni Infantino conserve une solide base de soutien au sein du football africain. Après Samuel Eto’o, plusieurs responsables de fédérations du continent défendent à leur tour le bilan du patron de la FIFA, en mettant principalement en avant les investissements consacrés au développement du football. À quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA prévue le 18 mars 2027, ces prises de position ne sont pas anodines. Elles témoignent de l’importance du continent africain dans l’équation politique qui se dessine autour de la succession à la tête de l’instance mondiale.
Le développement du football africain au cœur du soutien
Samuel Eto’o n’est pas le seul dirigeant africain à maintenir sa confiance envers Gianni Infantino. Le président de la Fédération camerounaise de football avait récemment expliqué les raisons de son soutien, malgré les critiques visant actuellement le dirigeant italo-suisse. D’autres responsables africains partagent cette lecture. Marcellin Bocove, président de la Fédération béninoise de football, préfère notamment juger Infantino sur les résultats obtenus au cours de la dernière décennie plutôt que de se prononcer directement sur sa personne.
Pour le responsable béninois, le principal critère reste l’évolution du football sur le continent. Il estime que les investissements engagés doivent être poursuivis et renforcés afin de répondre aux besoins persistants des fédérations africaines. « Ce qui importe pour nous, c’est que l’Afrique progresse dans le développement du football », a-t-il notamment expliqué. Une position qui résume la logique défendue par plusieurs responsables : le bilan en matière de développement pèserait davantage dans leur appréciation que les controverses politiques ou institutionnelles entourant la présidence de la FIFA.
Le Ghana appelle à dépasser les divisions
Le soutien ne se limite pas au Bénin et au Cameroun. Gideon Fosu, membre du comité exécutif de la Fédération ghanéenne de football, s’est lui aussi montré favorable à la poursuite de cette politique de développement. Le dirigeant ghanéen met particulièrement en avant l’engagement d’Infantino en faveur du football africain. À ses yeux, les initiatives destinées à développer le football féminin et, plus largement, la pratique du football sur le continent méritent d’être accompagnées.
Son appel dépasse ainsi la seule personnalité du président de la FIFA. Il souhaite que les éventuelles divergences entre dirigeants ne prennent pas le dessus sur les intérêts du développement du football. « J’espère que le soutien dont il a besoin dépassera les clivages traditionnels », a déclaré Gideon Fosu. Cette déclaration intervient dans un contexte où le football africain représente un bloc électoral particulièrement important pour la gouvernance de la FIFA. Les prises de position des fédérations pourraient donc avoir une portée bien plus large qu’un simple débat sur le bilan sportif de l’instance.

2027, l’élection qui pourrait tout changer
Gianni Infantino dirige la FIFA depuis 2016 et s’apprête à solliciter un dernier mandat lors de l’élection programmée le 18 mars 2027. Le soutien exprimé par plusieurs responsables africains constitue donc un signal important à l’approche de cette échéance. Le continent dispose d’un poids considérable au sein de l’organisation mondiale et peut jouer un rôle déterminant dans une élection présidentielle. Pour Infantino, conserver cette relation privilégiée avec les fédérations africaines représente ainsi un enjeu stratégique. Les investissements réalisés dans le développement du football, notamment féminin, constituent l’un des arguments régulièrement avancés par ses soutiens.
Mais cette dynamique devra aussi composer avec les critiques et les polémiques qui accompagnent la présidence d’Infantino. La prochaine campagne électorale permettra de mesurer si le bilan revendiqué par ses alliés africains suffit à maintenir cette confiance. Le débat est donc désormais posé : faut-il juger le président de la FIFA sur les controverses qui entourent sa gouvernance ou sur les résultats de sa politique de développement ? Pour plusieurs dirigeants africains, la réponse semble déjà pencher vers la seconde option.
L’Afrique, un soutien stratégique pour Infantino
À l’approche de l’élection de 2027, Gianni Infantino peut encore compter sur des voix africaines importantes. Bénin, Ghana, Cameroun : derrière ces soutiens, un même argument revient, celui des investissements et du développement du football. Pour Infantino, l’Afrique n’est donc pas seulement un territoire à développer : elle pourrait aussi devenir l’un des piliers de sa dernière bataille électorale.




