La succession de Gianni Infantino commence à prendre une nouvelle dimension. L’ancien international suisse Ramon Vega, 55 ans, a annoncé le 7 octobre 2026 son intention de briguer la présidence de la FIFA lors de l’élection prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. Il devient le premier prétendant à déclarer publiquement vouloir affronter le président sortant, déjà candidat à sa propre succession. Pour l’ancien défenseur de Tottenham, cette candidature dépasse la simple ambition personnelle. Son discours repose sur une volonté affichée de transformer la gouvernance du football mondial, alors que la FIFA traverse une période de fortes tensions internes.
Ramon Vega veut changer le visage de la FIFA
Dans son projet, Ramon Vega place la réforme de la gouvernance au centre de sa démarche. L’ancien défenseur estime que l’organisation doit retrouver une crédibilité fragilisée par les récentes controverses et renouer avec les différents acteurs du football. « Je me présente pour réunir la famille mondiale du football, mettre en œuvre des réformes authentiques et durables, moderniser la FIFA pour le XXIe siècle et reconstruire la confiance dont notre sport a un besoin urgent. »
Le Suisse veut également replacer les joueurs, entraîneurs, arbitres, supporters, clubs et bénévoles au cœur du fonctionnement de l’institution. Dans son manifeste, il défend l’idée que le football ne doit pas être considéré comme la propriété de ses dirigeants, mais comme un bien collectif porté par l’ensemble de son écosystème. Cette offensive intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Gianni Infantino. Le président sortant fait face à des critiques croissantes après l’abandon d’un projet visant notamment à faire entrer des investisseurs privés dans une nouvelle structure commerciale liée aux compétitions de la FIFA.
Un premier adversaire, mais pas encore une candidature validée
L’annonce de Vega constitue un tournant politique, mais elle ne garantit pas encore sa présence sur le bulletin de vote. Pour participer officiellement à l’élection, le Suisse devra notamment obtenir le soutien d’au moins cinq associations membres de la FIFA et satisfaire aux exigences d’éligibilité et d’intégrité de l’organisation.
Cette étape représente précisément l’un des principaux obstacles auxquels Vega s’est déjà heurté. Il avait manifesté son intérêt pour la présidence de la FIFA en 2015, puis avait de nouveau tenté de se positionner lors des échéances suivantes. En 2019, notamment, il n’avait pas réussi à réunir les cinq soutiens fédéraux nécessaires pour figurer parmi les candidats officiels. Son défi est donc double : convaincre les électeurs de la nécessité d’une alternance et transformer son discours en soutiens concrets au sein des associations membres.
De Tottenham à la bataille pour la gouvernance mondiale
Avant d’entrer dans l’arène institutionnelle, Ramon Vega s’est construit une solide carrière de footballeur professionnel. International suisse entre 1993 et 2001, il a notamment porté les maillots de Grasshopper, Cagliari, Tottenham et du Celtic. Avec Tottenham, il a remporté la Coupe de la Ligue anglaise en 1999. Deux ans plus tard, son passage au Celtic lui a permis de participer à une saison historique conclue par un triplé national : championnat d’Écosse, Coupe d’Écosse et Coupe de la Ligue écossaise. Il a ensuite poursuivi sa carrière à Watford avant de terminer son parcours professionnel en France.
Cette expérience du haut niveau constitue désormais l’un des arguments de son positionnement : Vega veut se présenter comme un homme issu du terrain, mais également capable de porter une réflexion sur la gouvernance et l’avenir de l’institution. « Le football est dans une salle d’urgence, sous assistance vitale. Nous ne pouvons plus attendre. » Avec Ramon Vega, l’élection présidentielle de la FIFA 2027 ne se résume plus, à ce stade, à une succession annoncée. Le Suisse doit désormais transformer son discours de rupture en une véritable coalition capable de peser face à Gianni Infantino. Une chose est certaine : la bataille pour la direction du football mondial vient de franchir un premier cap. Le premier défi est lancé. Le véritable combat sera désormais celui des voix.




