Moins de 48 heures après la décision de la Confédération africaine de football d’attribuer le trophée de la CAN 2025 au Maroc, le Sénégal contre-attaque. La Fédération sénégalaise de football a officiellement rejeté ce verdict et engagé une procédure devant le Tribunal arbitral du sport.
Une contestation ferme du verdict de la CAF sur la CAN 2025
Face aux médias, le président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall, a adopté un ton sans ambiguïté. L’instance sénégalaise considère toujours son équipe comme la seule légitime détentrice du trophée remporté sur le terrain. «Rejet de la décision de la CAF. Rejet de la décision inique du jury d’appel de la CAF. La FSF réaffirme sans équivoque que l’équipe du Sénégal est l’unique vainqueur de la CAN après la finale acquise sur le terrain», a-t-il affirmé.

La décision du jury d’appel de la CAF, intervenue deux mois après la finale, est qualifiée d’injuste. Le dirigeant dénonce notamment un processus entaché d’irrégularités, évoquant des conditions de délibération contestables et une organisation jugée défaillante. Dans ce contexte, Dakar a choisi de porter l’affaire devant les juridictions sportives internationales, ouvrant un bras de fer juridique qui pourrait s’inscrire dans la durée.
«En première instance, le jury avait tranché et nous n’avions pas fait appel. Là, la commission d’appel a tranché. Sur le plan du droit, le Sénégal ne peut pas perdre ce titre. (…) Nous luttons contre une injustice, nous luttons contre une forfaiture. Je reçois des mails du monde entier qui nous disent que l’on vit une injustice. Les juristes nous disent tous que le règlement n’a pas été respecté. La bataille sera menée au TAS et le Sénégal est loti pour présenter un dossier béton», a déclaré le président de la FSF.
Des conditions de finale pointées du doigt
Au-delà de la décision finale, la FSF met en lumière une série de dysfonctionnements ayant entouré la préparation de la finale à Rabat. Hébergement non conforme, problèmes de sécurité à l’arrivée de la délégation, contraintes logistiques sur les lieux d’entraînement : autant d’éléments jugés contraires à l’équité sportive.
Le choix des arbitres a également suscité des interrogations, notamment en raison d’un contexte jugé sensible pour la sélection sénégalaise. Malgré ces obstacles, les Lions de la Teranga estiment avoir remporté la rencontre dans les règles, sans contestation formelle lors du match. Quant au fait de rendre ou non le trophée, la réponse fut expéditive : «On va se conformer aux décisions statutaires et réglementaires de la CAF».

Une bataille juridique et médiatique engagée
En saisissant le TAS, le Sénégal ouvre un nouveau chapitre dans ce dossier à forte portée symbolique. L’enjeu dépasse le simple cadre sportif : il s’agit aussi de défendre l’intégrité des compétitions africaines et la crédibilité des instances. Convaincue de la solidité de son dossier, la FSF affiche sa détermination à faire reconnaître ses droits. En parallèle, la question du trophée reste en suspens, en attendant les décisions définitives des organes compétents.




