Le Brésil a évité une nouvelle défaite en arrachant un nul (1-1) contre l’Australie, vendredi 25 septembre à Townsville, grâce à un but de Rayan dans le temps additionnel. Mais derrière ce résultat, la Seleção a surtout laissé apparaître les mêmes fragilités qui avaient marqué son élimination en huitièmes de finale du Mondial 2026 face à la Norvège. Pour Carlo Ancelotti, le nouveau cycle démarre donc avec davantage de questions que de certitudes.
Un nul qui ne suffit pas à masquer les fissures
Le scénario aurait pu être beaucoup plus brutal pour le Brésil. Menée après un coup franc de Nestory Irankunda à la 68e minute, la sélection auriverde a longtemps semblé incapable de reprendre le contrôle d’une rencontre pourtant largement à sa portée sur le papier. Rayan, entré en cours de jeu, a finalement égalisé de la tête à la 95e minute sur un corner de Raphinha. Ce but tardif sauve le résultat, mais pas forcément le contenu. Face à une équipe australienne organisée et agressive dans ses projections, le Brésil a régulièrement laissé des espaces et manqué de précision dans les zones décisives.
« Le Brésil a été sauvé par Rayan, mais pas par son football. » Cette lecture résume l’impression laissée par cette première sortie post-Mondial. La défense a notamment affiché un manque de maîtrise dans plusieurs situations. Titulaire au poste de latéral gauche, Douglas Santos faisait partie des cadres appelés à accompagner le renouvellement de l’équipe. Il avait d’ailleurs été présenté par la CBF comme l’un des joueurs expérimentés du nouveau cycle. Devant, la situation n’est guère plus rassurante. Vinícius Júnior, Endrick et leurs partenaires offensifs n’ont pas suffisamment concrétisé les opportunités brésiliennes. Raphinha, lui, s’est encore distingué par son activité et sa passe décisive, dans la continuité d’un début de saison particulièrement prolifique avec le FC Barcelone.

Ancelotti doit maintenant donner une direction au projet
Le résultat australien relance inévitablement le débat autour de Carlo Ancelotti. L’Italien entame un nouveau cycle avec une mission clairement définie : reconstruire une équipe capable de renouer avec les ambitions traditionnelles du Brésil. La difficulté est que la CBF lui a précisément donné du temps pour mener ce travail. Son contrat a été prolongé jusqu’à la Coupe du monde 2030 en mai 2026, quelques semaines avant le Mondial. Son salaire est estimé à 10 millions d’euros par an, soit environ 40 millions d’euros sur quatre années de contrat, hors éventuels bonus.
Cette durée de mandat change donc la lecture de la rencontre. Le nul contre l’Australie ne constitue pas, à lui seul, un verdict sur le projet. Il constitue plutôt un premier indicateur du travail qui reste à accomplir. D’autant que la sélection est en pleine transition. La convocation actuelle compte neuf joueurs présents lors du dernier Mondial et plusieurs nouveaux visages appelés à prendre progressivement davantage de responsabilités. Rayan figure notamment parmi les jeunes joueurs qu’Ancelotti souhaite intégrer au nouveau cycle.

« Le véritable défi d’Ancelotti n’est plus de réparer le Brésil d’hier, mais de construire celui de 2030. » Le contexte explique également certaines limites. La préparation australienne a été perturbée par une logistique particulièrement lourde : certains internationaux ont effectué des voyages pouvant atteindre 40 heures depuis le Brésil, tandis que plusieurs joueurs n’ont rejoint le groupe que quelques jours avant le match. Cela ne suffit toutefois pas à expliquer toutes les difficultés observées sur le terrain. La prochaine échéance offrira rapidement une nouvelle occasion de mesurer les progrès du groupe : le Brésil retrouvera l’Australie le 29 septembre à Brisbane, avant d’affronter l’Inde le 3 octobre à Calcutta.
Une reconstruction qui devra rapidement produire des signes
Le Brésil dispose désormais d’un avantage dont il ne bénéficiait pas toujours lors des précédents cycles : du temps. Mais quatre années avant le prochain Mondial ne signifient pas quatre années pour chercher une identité. La priorité sera de stabiliser la défense, d’améliorer la coordination du milieu et de mieux exploiter le potentiel offensif d’une génération où figurent notamment Vinícius Júnior, Endrick, Estêvão et Rayan. L’enjeu est donc moins le point obtenu à Townsville que la capacité d’Ancelotti à transformer progressivement ce groupe de talents en équipe cohérente.




