Quatre buts en un seul match à la CAN féminine 2026, une place parmi les 18 meilleures joueuses du Ballon d’Or et des performances remarquées aux États-Unis. À 26 ans, Barbra Banda s’est imposée comme l’une des attaquantes les plus redoutables du football féminin. Capitaine de la Zambie et figure majeure de l’Orlando Pride, la buteuse possède déjà un palmarès individuel impressionnant. Mais derrière cette ascension se cache une histoire faite de choix difficiles, de controverses et de records qui ont changé sa trajectoire.
Barbra Banda, une machine à records qui marque l’histoire
Il suffit de regarder ses statistiques pour comprendre pourquoi Barbra Banda attire autant l’attention. Sa puissance physique, sa vitesse, sa capacité à éliminer ses adversaires et son efficacité devant les cages font d’elle une menace permanente pour les défenses.
Son explosion sur la scène internationale remonte aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, disputés en 2021. Face aux Pays-Bas, puis à la Chine, l’attaquante zambienne inscrit deux triplés consécutifs. Une performance historique qui fait d’elle la première joueuse à réaliser deux hat-tricks consécutifs dans une même édition du tournoi olympique de football.
Trois ans plus tard, aux Jeux de Paris 2024, elle poursuit son festival offensif. Face à l’Australie, elle signe notamment un triplé en première période. Avec quatre réalisations pendant la compétition, elle porte son total à dix buts olympiques et devient la meilleure buteuse africaine de l’histoire du football aux Jeux olympiques, hommes et femmes confondus.
La Coupe du monde féminine 2023 lui offre également une place particulière dans les annales. Le 31 juillet, face au Costa Rica, elle transforme un penalty à la 31e minute. Ce but, inscrit lors de la victoire zambienne (3-1), devient le 1 000e de l’histoire de la compétition.
Selon la FIFA, cette réalisation constitue l’un des moments historiques du Mondial organisé en Australie et en Nouvelle-Zélande. Un symbole supplémentaire pour une joueuse qui ne cesse de repousser les limites.

CAN féminine 2026 : son quadruplé contre l’Égypte confirme son statut
La CAN féminine 2026 organisée au Maroc a encore permis à Barbra Banda de démontrer son influence dans le jeu zambien.
Dès la première journée de la phase de groupes, la capitaine des Copper Queens a frappé très fort. Face à l’Égypte, le 28 juillet, elle inscrit quatre buts et délivre une passe décisive lors de la victoire 6-0 de son équipe. Elle participe ainsi directement à cinq des six réalisations zambiennes.
Mais sa contribution ne s’arrête pas là. Selon la Confédération africaine de football (CAF), l’attaquante a également provoqué un penalty ayant conduit à un autre but. Elle est ainsi devenue la première joueuse de l’histoire de la CAN féminine à être directement impliquée dans six buts au cours d’une même rencontre.
Au terme de la compétition, Barbra Banda termine avec cinq réalisations et une passe décisive. Elle partage la première place du classement des buteuses avec la Malawite Temwa Chawinga et la Camerounaise Marie Ngah Manga.
Cette performance confirme son statut de leader offensive de la sélection zambienne et rappelle que son influence ne se limite pas aux championnats européens ou américains.
Ballon d’Or 2026 : Barbra Banda parmi les meilleures joueuses du monde
Les performances de Barbra Banda ne passent plus inaperçues auprès des observateurs du football international. En 2026, l’attaquante zambienne a décroché une troisième nomination consécutive au Ballon d’Or féminin, après celles de 2024 et 2025.
Le classement final lui a attribué la 18e place mondiale. Un résultat qui confirme sa présence durable parmi les meilleures joueuses de la planète.
Sa progression dans cette distinction est particulièrement remarquable. Après une 12e place en 2024, puis une 14e position en 2025, elle reste dans le classement des trente meilleures joueuses en 2026.
Autre distinction majeure : en décembre 2024, elle est devenue la première joueuse africaine à intégrer le FIFPRO Women’s World 11, le onze mondial établi à partir des votes de milliers de footballeurs et footballeuses professionnels.
Cette reconnaissance témoigne de l’estime que lui portent ses pairs. En 2025, elle a également été retenue dans cette sélection mondiale pour la deuxième année consécutive.
L’attaquante zambienne ne représente donc plus seulement un espoir du football africain. Elle fait désormais partie des références internationales à son poste.
Orlando Pride : un transfert record et une ascension fulgurante

Avant de devenir l’une des attractions de la National Women’s Soccer League (NWSL), Barbra Banda a construit son expérience dans plusieurs championnats.
Après ses débuts professionnels en Espagne avec EDF Logroño, elle rejoint Shanghai Shengli, en Chine. Ses performances lui permettent de se faire un nom sur le marché international. En 2020, elle termine notamment meilleure buteuse du championnat chinois avec 18 réalisations.
En mars 2024, l’Orlando Pride décide de miser gros sur son potentiel. Le club américain débourse 740 000 dollars pour s’attacher ses services auprès de Shanghai Shengli. À cette époque, il s’agit de l’un des transferts les plus importants de l’histoire du football féminin.
L’investissement se révèle rapidement payant. Pour sa première saison en NWSL, Banda inscrit 13 buts en saison régulière et délivre six passes décisives. Elle ajoute quatre réalisations pendant les play-offs, dont le but décisif en finale du championnat.
L’Orlando Pride réalise alors le doublé championnat et NWSL Shield. La Zambienne est désignée meilleure joueuse de la finale et termine parmi les finalistes pour le titre de meilleure joueuse de la saison.
En 2026, elle franchit un nouveau palier. Selon les statistiques communiquées par l’Orlando Pride en septembre, elle a inscrit 16 buts, établissant un nouveau record de réalisations sur une saison pour le club. Elle totalise également 41 buts et 11 passes décisives en 62 apparitions toutes compétitions confondues depuis son arrivée.
Le 14 septembre 2026, la franchise américaine a annoncé la prolongation de son contrat jusqu’en 2029. Une décision qui traduit la volonté du club de construire son projet sportif autour de l’attaquante zambienne.
De la boxe au football : une carrière construite dans l’adversité
L’histoire de Barbra Banda ne commence pas uniquement sur un terrain de football. Avant de devenir une attaquante professionnelle, la native de Lusaka s’est également illustrée sur un ring de boxe.
Durant sa jeunesse, elle pratique les deux disciplines et finit même par passer professionnelle en boxe. Son bilan est alors de cinq combats remportés, dont quatre par KO.
Dans un entretien accordé à la BBC, elle explique avoir dû faire un choix entre ses deux passions. Elle décide finalement de privilégier le football, convaincue que cette discipline lui offrirait davantage de perspectives pour construire sa carrière.
En 2018, ses prestations avec les sélections de jeunes de la Zambie attirent l’attention de clubs étrangers. L’EDF Logroño lui ouvre alors les portes du football européen. Cette première expérience professionnelle marque le début d’une ascension qui la conduira ensuite en Chine, puis aux États-Unis.
Mais son parcours connaît également un épisode particulièrement difficile.
L’exclusion de la CAN 2022, une épreuve qui aurait pu tout changer

En juillet 2022, alors qu’elle est déjà considérée comme l’une des meilleures attaquantes africaines, Barbra Banda est écartée de la sélection zambienne pour la Coupe d’Afrique des nations féminine organisée au Maroc.
La décision intervient après des procédures de vérification de l’éligibilité de genre, dans le cadre des règles appliquées par la CAF. Selon les explications données à la BBC par Andrew Kamanga, alors président de la Fédération zambienne de football, la joueuse ne remplissait pas les critères exigés par l’instance africaine.
Cette exclusion suscite de nombreuses interrogations, notamment parce que Banda avait participé aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 sans rencontrer le même obstacle. Les règles appliquées par la FIFA et celles auxquelles se référait la CAF présentaient alors des différences importantes.
La BBC, dans une enquête publiée en juillet 2023, revient sur cette situation et souligne les difficultés rencontrées par la joueuse à la suite de cette décision.
Il convient toutefois de préciser que son retour à la Coupe du monde 2023 ne résulte pas d’une décision individuelle de la FIFA levant une sanction disciplinaire. Les cadres réglementaires applicables aux compétitions de la FIFA différaient de ceux mis en œuvre pour la CAN 2022.
Après cette période difficile, Banda retrouve la sélection et participe à la Coupe du monde féminine 2023. Elle y inscrit le 1 000e but de l’histoire du tournoi et contribue à la première victoire de la Zambie dans cette compétition.
Son retour sur la scène internationale marque ainsi une nouvelle étape dans sa carrière.

Une ambition qui dépasse les terrains
Au-delà des buts et des distinctions individuelles, Barbra Banda souhaite également laisser une empreinte dans sa communauté.
La joueuse a notamment créé une fondation destinée à accompagner les jeunes filles et les garçons de son pays. Dans un entretien accordé à la BBC, elle explique avoir voulu offrir des perspectives aux enfants de sa communauté, notamment à ceux qui disposent de peu d’opportunités.
Son engagement s’inscrit dans un contexte où l’accès à l’éducation et la protection des jeunes filles demeurent des enjeux importants en Zambie.
Cette dimension sociale complète le portrait d’une sportive qui entend utiliser sa notoriété pour contribuer au développement de son pays.
À 26 ans, Barbra Banda possède déjà des records olympiques, une distinction mondiale attribuée par ses pairs, une reconnaissance au Ballon d’Or et un statut de joueuse majeure de la NWSL. Son quadruplé à la CAN 2026 et ses performances avec Orlando Pride confirment une progression constante.
De la boxe professionnelle aux plus grandes scènes du football féminin, son parcours illustre une trajectoire singulière. Et au regard de ses performances, l’attaquante zambienne semble encore loin d’avoir atteint toutes les limites de son potentiel.




