Manchester United affiche l’un des pires bilans de recrutement du football européen, avec une dépréciation estimée à 405 millions d’euros depuis 2022. Selon une étude de l’Observatoire du football CIES, les investissements du club anglais ont lourdement perdu de leur valeur, malgré un volume de transactions qui dépasse le milliard d’euros. À l’échelle mondiale, seul Al Hilal présente un bilan plus négatif, relançant les interrogations sur la stratégie de recrutement des Red Devils.
Manchester United : 405 millions d’euros de valeur perdue sur le marché des transferts
Le constat dressé par le CIES est particulièrement sévère pour Manchester United. Depuis 2022, les joueurs recrutés par le club, hors éléments issus de son centre de formation, ont enregistré une dépréciation totale de 405 millions d’euros.
Cette perte se répartit en deux catégories. Les joueurs déjà revendus ont généré un déficit estimé à 186 millions d’euros, tandis que les recrues encore présentes dans l’effectif représentent une dépréciation évaluée à 219 millions d’euros.
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Autrement dit, les pertes ne concernent pas uniquement les transferts qui se sont soldés par des ventes à perte. Une part importante de la valeur évaporée repose également sur des joueurs toujours sous contrat, dont la valeur estimée a diminué depuis leur arrivée.
Le volume des transferts entrants et sortants atteint pourtant 1,319 milliard d’euros sur la période étudiée. Ce montant témoigne de l’ampleur des opérations réalisées par le club, sans que les investissements consentis se traduisent par une valorisation équivalente des joueurs recrutés.
Un milliard d’euros de mouvements sur le marché, mais 405 millions d’euros de dépréciation : le bilan soulève de sérieuses questions sur l’efficacité des choix de recrutement de Manchester United.

Un bilan pire que celui de Tottenham, seul Al Hilal fait davantage de dégâts
La situation des Red Devils prend une autre dimension à la lecture du classement mondial. Avec une dépréciation de 502 millions d’euros, le club saoudien d’Al Hilal occupe la première place des formations les plus touchées. Manchester United arrive juste derrière, devant plusieurs autres clubs au bilan négatif.
Al Nassr affiche ainsi une dépréciation de 229 millions d’euros, tandis que Tottenham atteint 188 millions d’euros. Manchester United apparaît donc particulièrement exposé parmi les grandes formations européennes étudiées.
À l’opposé, certains clubs semblent avoir mieux maîtrisé la valorisation de leurs recrues. L’Eintracht Francfort domine le classement avec une progression de 527 millions d’euros, juste devant le Real Madrid, crédité de 526 millions d’euros. Le Paris Saint-Germain, Benfica et Manchester City figurent également parmi les clubs ayant enregistré les meilleurs résultats dans cette étude.
Ces écarts illustrent des trajectoires opposées sur le marché des transferts. Tandis que certains clubs parviennent à recruter des joueurs dont la valeur progresse, Manchester United voit une part importante de ses investissements perdre de leur valeur.
Il faut néanmoins distinguer la dépréciation estimée par le CIES d’une perte financière définitivement réalisée : la baisse de valeur des joueurs encore présents dans l’effectif ne devient un déficit effectif à la revente que si le montant obtenu est inférieur aux coûts concernés. Le classement mesure donc un indicateur de valorisation, et non nécessairement le résultat comptable complet du club.
Une stratégie de recrutement sous pression
Pour Manchester United, ces chiffres constituent un signal d’alerte. Une politique de transferts coûteuse ne garantit ni une progression de la valeur marchande de l’effectif ni un retour financier satisfaisant. Lorsque les recrues perdent rapidement de leur valeur, le club risque de disposer de moins de marge pour financer de nouveaux renforts ou rééquilibrer son équipe.
Le défi consiste désormais à mieux évaluer les profils ciblés, leur adaptation au projet sportif et leur potentiel de revente. La qualité du recrutement ne se mesure pas uniquement au montant dépensé ou à la notoriété des joueurs : elle dépend aussi de leur contribution sur le terrain et de leur capacité à conserver, voire à accroître, leur valeur.




