Le bras de fer autour de Gianni Infantino provoque désormais des divisions au sein même du football asiatique. Alors que la Confédération asiatique de football (AFC) a récemment pris position contre le président de la FIFA, la Fédération qatarienne de football (QFA) conteste la méthode utilisée par l’instance continentale.
Le Qatar reproche à l’AFC son manque de concertation
Doha ne remet pas directement en cause le fond de la position adoptée par l’AFC. Le principal reproche concerne plutôt la manière dont cette prise de position a été formulée. La Fédération qatarienne estime notamment que l’instance continentale ne pouvait pas parler au nom de l’ensemble de ses membres sans les avoir préalablement consultés. Une réserve qui intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la gouvernance du football asiatique.
Dans un communiqué, la QFA a ainsi voulu recentrer le débat sur la représentation collective des fédérations. « Il ne s’agit pas de personnalités, ni de savoir si les fédérations sont d’accord ou non avec le contenu d’une position particulière », a expliqué la Fédération qatarienne. Avant d’insister sur le principe qu’elle considère essentiel : « Il s’agit de veiller à ce que la voix des fédérations membres soit correctement entendue lorsque le football asiatique s’exprime collectivement. »

La QFA réclame davantage de dialogue
À travers cette sortie, le Qatar demande donc une méthode différente au sein de l’AFC. Pour Doha, les décisions ou prises de position engageant collectivement le football asiatique doivent être précédées d’un véritable processus de consultation. Cette revendication ne signifie pas pour autant que la Fédération qatarienne souhaite accentuer les divisions. Elle affirme au contraire vouloir contribuer à la préservation de l’unité de la confédération. La QFA dit ainsi vouloir préserver « l’unité et la crédibilité du football asiatique ». Une volonté qui traduit un équilibre délicat : défendre le principe de consultation sans alimenter davantage les tensions autour de la FIFA et de son président.

Infantino au cœur d’un débat qui dépasse l’Asie
Cette contestation intervient alors que la position de Gianni Infantino fait l’objet de critiques au sein de plusieurs cercles du football international. En Asie, le débat prend désormais une dimension institutionnelle puisque les fédérations ne semblent pas toutes partager la même lecture de la stratégie à adopter. L’épisode met surtout en lumière une question de gouvernance : jusqu’où une instance continentale peut-elle parler au nom de ses membres sans mandat ou consultation explicite ? La réponse à cette question pourrait peser sur les prochaines discussions au sein de l’AFC. Au-delà du différend actuel, c’est la capacité du football asiatique à présenter une position commune et légitime qui se retrouve au centre des enjeux.




