L’Argentine traverse une crise majeure à quelques mois de défendre son titre mondial : la justice vise la direction de l’AFA dans une vaste affaire présumée de fraude et de blanchiment. Son président, Claudio Tapia, est désormais interdit de quitter le territoire.
Une gouvernance fragilisée avant les grands rendez-vous
Alors que l’Albiceleste prépare la Finalissima face à l’Espagne au Lusail Stadium et nourrit l’ambition de conserver sa couronne mondiale acquise en 2022 face à la France de Kylian Mbappé, le climat est loin d’être serein. Claudio Tapia, président de l’Association du football argentin (AFA), est cité dans une enquête portant sur des faits présumés de fraude fiscale et de blanchiment d’argent. Selon les accusations, près de 19 milliards de pesos argentins, soit environ 11 millions d’euros, auraient été détournés entre 2024 et 2025, en collaboration avec le trésorier Pablo Toviggino. La décision judiciaire interdisant à Tapia de quitter le pays marque une escalade dans un dossier qui ébranle la crédibilité institutionnelle du football national.

Un système opaque aux ramifications internationales
L’enquête met en lumière un dispositif reposant sur des sociétés-écrans chargées de recevoir des fonds issus de diverses facturations avant de les reverser à la fédération. Officiellement, ce mécanisme visait à se prémunir contre la dévaluation du peso. Dans les faits, une part significative des montants n’aurait jamais rejoint les comptes de l’AFA. Certaines entités impliquées seraient domiciliées en Espagne, élargissant le périmètre de l’affaire au-delà des frontières argentines. Le quotidien AS évoque un scandale d’une ampleur comparable aux affaires qui avaient secoué la FIFA il y a quelques années. Les investigations ont déjà conduit à la saisie de véhicules de luxe et à l’examen de patrimoines jugés incompatibles avec les revenus déclarés de certains dirigeants.
Sponsors inquiets, clubs divisés

Les conséquences économiques ne se sont pas fait attendre. L’équipementier Adidas a suspendu ses versements à la fédération, tandis que Coca-Cola envisagerait des poursuites judiciaires. Dans le même temps, plusieurs clubs argentins affichent leur soutien aux dirigeants mis en cause et évoquent une possible grève lors de la 9e journée du championnat. Une fracture interne qui pourrait perturber le calendrier national. À court terme, cette crise institutionnelle menace la préparation sportive d’une sélection attendue au plus haut niveau international. À l’heure où l’Argentine ambitionne de régner à nouveau sur le monde, son football vacille sur le plan institutionnel. Entre enquête judiciaire et tensions économiques, l’image de l’AFA se joue désormais autant dans les tribunaux que sur le terrain.




