Chelsea n’en a pas fini avec son grand chantier. Malgré un important dégraissage ces dernières saisons, le club londonien possède encore un effectif particulièrement fourni. Avec près de 40 joueurs sous contrat, les Blues doivent désormais faire des choix. Car derrière les recrutements ambitieux, une question s’impose : comment construire un groupe cohérent avec autant de joueurs à gérer ?
Un effectif encore pléthorique malgré le dégraissage
Chelsea a déjà fait des efforts pour réduire son groupe. Lors de la saison 2024-2025, le club comptait jusqu’à 58 joueurs sous contrat. Deux ans plus tard, le chiffre reste cependant impressionnant. Environ 40 joueurs appartiennent toujours au club. C’est davantage que chez la plupart des concurrents de Premier League. Tottenham, avec 36 éléments, s’en approche. Mais la moyenne du championnat se situe autour de 29 joueurs. Le problème n’est donc plus seulement quantitatif. Il est aussi sportif. Comment offrir suffisamment de temps de jeu à autant de joueurs ? Comment maintenir tout le monde concerné ? Et surtout, comment éviter qu’un groupe trop large ne devienne difficile à gérer ?
Chez les gardiens, la concurrence s’intensifie

Le casse-tête commence dès le poste de gardien. Robert Sanchez conserve une longueur d’avance pour le poste de titulaire. Mais derrière lui, la concurrence est forte. Filip Jörgensen, Mike Penders, Gabriel Slonina et Teddy Sharman-Lowe composent une hiérarchie encore très dense. Le retour de Penders, après son prêt à Strasbourg, ajoute notamment une nouvelle option. Le jeune gardien s’est aguerri en Alsace. Il revient donc avec l’ambition de bousculer la hiérarchie. Pour Xabi Alonso, le choix sera délicat. Car conserver cinq gardiens dans un même groupe n’a pas beaucoup de sens sur la durée.
Une défense où les places vont coûter cher
C’est probablement en défense que la concurrence sera la plus féroce. À droite, Reece James, Malo Gusto et Josh Acheampong doivent désormais composer avec Marco Palestra. Recruté à l’Atalanta pour 57 millions d’euros, le jeune Italien arrive avec de fortes attentes. Dans l’axe, la situation est encore plus dense. Maxence Lacroix a rejoint un secteur qui comptait déjà plusieurs solutions. Levi Colwill, Wesley Fofana, Mamadou Sarr, Tosin Adarabioyo, Benoît Badiashile et Axel Disasi sont notamment concernés. Aaron Anselmino est également revenu de prêt. Le départ de Trevoh Chalobah à Côme a certes libéré une place. Mais le secteur reste largement fourni. À gauche, Jorrel Hato semble avoir une longueur d’avance. Caleb Wiley et Denner restent toutefois dans la course. Pour Xabi Alonso, le défi sera donc autant de choisir que de trancher.
Un milieu moins fourni, mais mieux équilibré

Le milieu de terrain présente un visage différent. C’est le secteur le moins encombré de l’effectif. Moises Caicedo et Enzo Fernandez devraient constituer la base du double pivot. Derrière eux, Roméo Lavia et Dario Essugo devront gagner du terrain après une saison où leur temps de jeu a été limité. Andrey Santos n’est plus là, puisqu’il a rejoint Manchester United pour 56,3 millions d’euros. Valentin Barco peut également dépanner au milieu, même s’il est capable d’évoluer sur le côté gauche. Surtout, l’arrivée de Jordan Henderson apporte une dose d’expérience. À 36 ans, l’ancien international anglais peut offrir davantage de maîtrise et de leadership à un secteur encore jeune.
Plus haut, la situation est également intéressante. Enzo Fernandez peut évoluer dans un rôle plus offensif. Mais Cole Palmer reste la principale référence au poste de meneur de jeu. Le problème, c’est que Chelsea a encore renforcé ce secteur avec Morgan Rogers. L’ancien joueur d’Aston Villa a rejoint les Blues contre 137,3 millions d’euros, devenant ainsi l’un des transferts les plus chers de l’histoire du football. Son arrivée offre une solution supplémentaire à Xabi Alonso. Mais elle pose aussi une question : comment répartir les minutes entre autant de joueurs offensifs ?
L’attaque, véritable casse-tête des Blues
C’est toutefois en attaque que le problème paraît le plus évident. Sur l’aile droite, Estevao et Pedro Neto doivent désormais composer avec Geovany Quenda. Le jeune Portugais, âgé de 19 ans, a été recruté au Sporting pour 50 millions d’euros. À gauche, Jamie Gittens et Mykhaïlo Moudrik restent disponibles. Alejandro Garnacho, en revanche, a été prêté à Aston Villa pour toute la saison. Mais c’est surtout en pointe que la situation devient complexe. Joao Pedro, Liam Delap, Emmanuel Emegha et Marc Guiu se disputent déjà une place de titulaire. Et Chelsea a encore ajouté un candidat avec l’arrivée de Danny Welbeck, 35 ans, en provenance de Brighton. Cinq joueurs pour un poste. Voilà qui résume à lui seul l’ampleur du chantier.
Le mercato devra désormais servir à dégraisser
Chelsea se retrouve donc face à un paradoxe. Le club continue de recruter alors qu’il doit désormais réduire son effectif. L’absence de Coupe d’Europe rend cette situation encore plus difficile à justifier. Les Blues auront moins de rencontres à disputer et donc moins de possibilités de faire tourner. Surtout, la Premier League limite à 25 le nombre de joueurs pouvant être enregistrés. Certains devront donc partir. D’autres pourraient être prêtés. Pour Chelsea, la fin du mercato ne devrait donc pas seulement être consacrée aux arrivées. Le véritable enjeu sera désormais de vendre, de prêter et de réorganiser.
Xabi Alonso face au premier grand défi de son mandat
Au-delà des chiffres, cette situation représente un véritable défi pour Xabi Alonso. L’entraîneur espagnol dispose d’un effectif très riche. Mais la richesse ne garantit pas l’équilibre. Il devra créer une hiérarchie claire. Gérer les frustrations. Donner du temps de jeu aux jeunes. Et surtout, construire un groupe capable de fonctionner avec un nombre limité de joueurs inscrits en Premier League. Chelsea possède aujourd’hui beaucoup de talents. Le prochain défi sera de transformer cette accumulation en véritable équipe.





