La tension ne retombe pas entre les grandes confédérations et la FIFA. Alors que le projet de création d’une société commerciale lié à la Coupe du monde a finalement été retiré, la contestation, elle, se poursuit. Ainsi, l’UEFA, la Concacaf et l’AFC ont décidé de parler d’une seule voix. Dans une lettre ouverte adressée à la « famille du football », les trois instances dénoncent la manière dont la FIFA a géré cette affaire. Et appellent à une gouvernance davantage tournée vers l’intérêt collectif.
Trois confédérations unies face à la FIFA
Le message est clair. Et cette fois, il est porté par trois puissantes confédérations. L’UEFA, la Concacaf et l’AFC ont cosigné une lettre ouverte dans laquelle elles expriment leurs inquiétudes face aux récentes décisions de la FIFA. Les présidents et secrétaires généraux des trois organisations ont ainsi choisi de faire front commun. Au cœur de leur colère : le projet de création d’une société commerciale qui devait notamment permettre à la FIFA de commercialiser des parts liées à la Coupe du monde. Même retirée, cette proposition continue de laisser des traces. Pour les confédérations, l’affaire dépasse désormais le simple cadre de ce projet. Elle pose, plus largement, la question de la gouvernance du football mondial.
« Le football n’appartient à aucun individu »
Dans leur lettre, les trois confédérations ont tenu à rappeler un principe qu’elles considèrent comme fondamental. « Le football n’appartient à aucun individu ni à aucune institution », écrivent-elles. Sans citer directement Gianni Infantino, les signataires ont ensuite livré un message particulièrement ferme sur l’exercice du pouvoir au sein du football. « Le leadership dans le football n’est pas une possession. Il ne consiste pas à détenir – ou à revendiquer – un pouvoir que l’on pourrait conserver. C’est un devoir de service envers la famille du football qui vous l’a confié », ont écrit Aleksander Ceferin et ses homologues. Puis, le ton monte d’un cran. « Lorsque la confiance est rompue par la tromperie, lorsqu’un individu se place au-dessus de la collectivité qui lui a confié son autorité, ce devoir a été abandonné. »

Une réponse jugée insuffisante
Pour l’UEFA, la Concacaf et l’AFC, le retrait du projet ne suffit donc pas à tourner la page. Les trois confédérations estiment que la FIFA a présenté cette affaire comme une simple « erreur de communication ». Une explication qu’elles jugent insuffisante. Selon elles, l’instance mondiale aurait dû reconnaître le caractère « intrinsèquement mauvais » du projet plutôt que de réduire la polémique à un problème de communication. De plus, les trois organisations réclament un examen indépendant des événements récents. Elles souhaitent que celui-ci soit confié à un tiers extérieur, plutôt qu’au Conseil de la FIFA lui-même.
La réunion de crise convoquée par Gianni Infantino est également pointée du doigt. Les confédérations regrettent notamment que des associations membres n’aient pas été conviées à cette rencontre. A leurs yeux, une décision aussi importante pour l’avenir du football mondial ne peut se discuter sans une représentation suffisamment large de la « famille du football ». Cette position traduit une volonté claire : davantage de transparence et de concertation dans les décisions qui engagent l’ensemble du football international.
Un appel à préserver « l’unité »
Malgré la fermeté du message, les trois confédérations terminent leur lettre sur une note rassembleuse. « La force du football a toujours résidé dans son unité », ont conclu les auteurs de la lettre ouverte, parmi lesquels Theodore Theodoridis, le secrétaire général de l’UEFA. Avant de lancer un appel qui résume toute leur démarche : « Nous appelons maintenant à ce que cette unité soit respectée et à une direction au service du football, plutôt qu’à une direction qui cherche à le contrôler. »




