Aux Pays-Bas, l’association Justice For Players (JFP) lance une action collective contre la FIFA. Elle réclame près de 8 % de revenus non perçus par les joueurs depuis 2002. Soutenue par le jugement Diarra (TJUE 2024), cette démarche vise à réformer en profondeur les règles du football professionnel.
Un tournant juridique historique

L’association néerlandaise Justice For Players (JFP) a initié une class action contre la FIFA et plusieurs fédérations nationales, réclamant environ 8 % des revenus de carrière perdus par les joueurs depuis 2002. Cette estimation repose sur une analyse économique indépendante qui révèle les pertes cumulées encourues par les professionnels concernés. La plainte est déposée sous le régime de la loi néerlandaise sur les actions collectives (WAMCA). Elle pourrait affecter jusqu’à 100 000 joueurs à travers l’Europe et le Royaume-Uni. L’objectif est clair : faire reconnaître les dommages subis et imposer une compensation à grande échelle.
Héritage du jugement Diarra et réforme systémique
Le signal lancé par cette action collective s’appuie sur le précédent judiciaire établi par le cas Lassana Diarra en 2024. Le Tribunal de Justice de l’UE avait alors jugé que certaines règles de la FIFA enfreignaient la libre circulation des travailleurs et le droit à la concurrence. Les juristes derrière cette action incluent des figures emblématiques du droit du sport. Parmi eux, Jean‑Louis Dupont (responsable de l’arrêt « Bosman ») via le cabinet Dupont‑Hissel. Cette initiative vise des compensations financières. Elle propose aussi l’instauration de clauses de libération obligatoires et la réduction des durées de contrat pour redonner du pouvoir aux joueurs.
Soutien institutionnel et portée européenne
FIFPRO Europe apporte un soutien institutionnel à cette action juridique. Elle souligne qu’elle constitue une réponse concrète au jugement Diarra et une avancée majeure pour les droits des joueurs. Financée par Deminor, l’action est conçue pour ne pas imposer de frais aux joueurs participants, garantissant ainsi une procédure accessible à tous. Le dépôt auprès du tribunal de Midden‑Nederland permet d’engager une procédure à l’échelle européenne, tout en facilitant l’inclusion juridique de joueurs de divers pays. L’enjeu est de taille : une réforme durable de la gouvernance du football professionnel.
Une action à fort impact pour l’avenir

Cette class action pourrait marquer un tournant. En cas de succès, elle redéfinirait profondément le pouvoir contractuel des joueurs face à la FIFA et ses alliés. Le cadre adopté pourrait favoriser une plus grande équité dans les transferts et servir de référence pour d’autres professions dans le sport et au-delà. Les joueurs affirment légitimement que, comme dans d’autres métiers, ils doivent pouvoir changer d’employeur librement, sans sanctions démesurées. À terme, cette démarche pourrait imposer une transformation durable du modèle actuel, en faveur d’une gouvernance du football plus juste et équilibrée.




