Tactique

VAR: pourquoi l’arbitrage vidéo rend fous les supporters ?

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Un but qui fait exploser un stade, puis des centaines de visages qui se figent. Les regards se tournent vers l’écran de contrôle, l’arbitre porte la main à l’oreille, et la joie reste suspendue. Depuis son arrivée, la Video Assistant Referee ou Assistance Vidéo à l’Arbitrage (VAR) a installé cette scène dans le football moderne. Elle devait supprimer l’injustice. Elle a surtout déplacé la colère.

VAR : comment fonctionne vraiment l’assistance vidéo ?

Sur le papier, le principe est simple. Selon le protocole de l’IFAB, l’assistance vidéo à l’arbitrage ne peut être activée que dans des situations bien précises :

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Buts marqués ou non (hors-jeu préalable, faute commise par l’attaquant, ballon sorti des limites du terrain).

Penaltys accordés ou non (faute dans ou hors de la surface, simulation évidente, absence totale de faute).

Cartons rouges directs (actes d’antijeu grossier, comportements violents, occasions nettes de but annihilées).

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Erreurs d’identité (le mauvais joueur reçoit un carton jaune ou rouge).

Dans la pratique, la frontière entre « claire » et « discutable » reste le point de friction.

Le périmètre s’est élargi récemment. Selon Limerick Leader, les instances du football ont étendu les pouvoirs de la VAR aux deuxièmes cartons jaunes et aux cartons attribués à la mauvaise équipe, la vérification des corners restant une option. Selon Hespress, la VAR peut aussi signaler une faute évidente de l’équipe attaquante avant un corner ou un coup franc, quand l’action débouche sur un but, un penalty ou une sanction. Autrement dit, plus la VAR s’occupe d’actions, plus elle donne de matière à débat.

Video assistant referee in Russia
Photo : Артем Гусев / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Pourquoi la VAR rend fous les supporters

  • La joie n’est plus spontanée : Marquer un but déclenchait autrefois une explosion immédiate. Aujourd’hui, beaucoup de supporters retiennent leur élan, de peur d’un hors-jeu millimétré ou d’une faute détectée trois minutes plus tard. L’émotion devient conditionnelle.
  • L’attente et le flou : Pendant que l’arbitre consulte l’écran, le stade reste souvent sans information. Pas de ralenti sur les écrans géants dans bien des cas, pas d’explication claire. À la télévision, le rythme du match se casse.
  • La promesse d’une justice parfaite n’a pas tenu : Les règles du football reposent en partie sur l’interprétation : intensité d’un contact, intention d’une main. Un ralenti peut dramatiser un geste anodin. Dès avril 2016, une chronique du Monde avertissait que la vidéo « ne supprime pas les polémiques » et pourrait en créer de plus violentes. Dix ans plus tard, le constat reste d’actualité.
  • Des décisions jugées incohérentes : Une action identique est sanctionnée un week-end, ignorée le suivant. Supporters, joueurs et journalistes disent ne plus comprendre les critères d’intervention.

Mondial 2026 : la VAR au cœur des polémiques

La Coupe du monde 2026 a servi de vitrine, et de loupe. Selon Foot Africa, la FIFA a dû s’expliquer sur une erreur de la VAR après un penalty validé en faveur de la Suisse face au Qatar. Autre séquence très commentée : un contact entre Kylian Mbappé et Sadio Mané lors de France-Sénégal, qui a ouvert, d’après Chilevisión, la première grande polémique du tournoi.

Fin juillet, l’institution chargée des règles du jeu a elle-même recadré la FIFA. Selon Footmercato, citant Marca, l’IFAB a précisé que les interventions de la VAR ayant mené aux cartons jaunes de Breel Embolo (Suisse) et Miguel Almirón (Paraguay) ne devaient plus se reproduire tant que le protocole n’était pas modifié. Un aveu rare : la machine arbitrale s’ajuste en pleine compétition.

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Photo : Bryan Berlin / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

En Ligue 1 : l’exigence de transparence

La colère touche aussi les championnats nationaux. Selon Baonghean, après sa défaite 2-3 contre le PSG, Lyon a critiqué l’arbitre Benoît Bastien et la VAR pour trois incidents, s’adressant aussi aux 59 000 spectateurs du Groupama Stadium pour réclamer de la transparence. Dans ce contexte, la DTA française a déjà rendu publics des échanges entre arbitre et VAR sur deux rencontres, dont un Classique. Une piste pour réconcilier le public avec l’outil.

La VAR, et maintenant ?

La technologie ne disparaîtra pas : elle corrige bien des erreurs flagrantes, et même ses détracteurs l’admettent. Mais la question de fond demeure. Peut-on garder l’émotion du football tout en cherchant l’exactitude absolue ?

Les solutions évoquées par les supporters sont souvent les mêmes : expliquer les décisions au stade, raccourcir les délais, intervenir moins souvent. Tant que ces réponses ne viendront pas, la VAR continuera de diviser les tribunes.

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