Al-Nassr a vécu une entrée en matière particulièrement difficile en Ligue des champions asiatique. Battu 4-0 par Al-Aïn aux Émirats arabes unis, le club saoudien a concédé sa plus lourde défaite dans cette compétition depuis sa création en 2003. Titulaire, Cristiano Ronaldo a traversé une soirée agitée, marquée par des gestes de colère, une altercation avec un adversaire et de nouvelles interrogations sur son influence au sein de l’équipe.
Al-Nassr balayé dès son premier rendez-vous continental
Le déplacement aux Émirats arabes unis devait lancer la campagne asiatique d’Al-Nassr. Il s’est transformé en véritable désillusion. Face à Al-Aïn, le représentant saoudien a encaissé quatre buts sans parvenir à répondre, malgré la présence de plusieurs cadres offensifs, dont João Félix, Sadio Mané et Cristiano Ronaldo. Houssine Rahimi a inscrit un doublé, tandis que Soufiane Rahimi et Giakoumakis ont également participé au succès émirati. Le score final, 4-0, constitue la défaite la plus lourde d’Al-Nassr en Ligue des champions asiatique depuis la création du tournoi en 2003. Cette contre-performance intervient alors que le club occupe la troisième place de la Saudi Pro League, à seulement deux points du leader Al-Hilal. Le début de saison domestique laissait donc entrevoir une dynamique plus favorable, mais cette première sortie continentale a brutalement rappelé les fragilités de l’équipe.

Cristiano Ronaldo perd patience et se retrouve sous pression
La soirée a également été marquée par l’attitude de Cristiano Ronaldo. Après le troisième but d’Al-Aïn, le Portugais a multiplié les signes d’agacement envers ses coéquipiers avant de protester auprès de l’arbitre. Une autre séquence a retenu l’attention. Alors qu’il cherchait à se créer une occasion, Ronaldo s’est accroché avec un adversaire et l’a saisi avant de le projeter au sol. Le geste n’a pas été sanctionné par l’arbitre, selon le récit fourni, mais il a alimenté les discussions autour du comportement du joueur dans une rencontre devenue particulièrement tendue.
Avant même le coup d’envoi, le quintuple Ballon d’Or avait été pris pour cible par des supporters émiratis scandant « Messi, Messi, Messi ». Depuis la pelouse, Ronaldo leur avait répondu par des applaudissements ironiques. À 41 ans, le Portugais évolue désormais dans un contexte où chaque prestation est scrutée. Écarté du débat du Ballon d’Or depuis 2022, il doit principalement convaincre par ses performances avec Al-Nassr. Or, cette lourde défaite a ravivé les critiques sur sa capacité à peser dans les rendez-vous les plus exigeants.
Ange Postecoglou défend son capitaine face aux critiques
Après la rencontre, les questions des journalistes ont également porté sur le rendement de Ronaldo. Certains observateurs vont jusqu’à considérer le Portugais comme un « fardeau » pour son équipe, une lecture que l’entraîneur Ange Postecoglou a fermement rejetée. Le technicien australien a rappelé que son joueur avait déjà inscrit trois buts et qu’il avait bénéficié d’une préparation limitée. Il a également assumé la responsabilité de la défaite, tout en défendant le caractère exemplaire de Ronaldo. « Cristiano a déjà marqué trois buts, il a eu une préparation limitée. Ce n’est pas à cause des joueurs. Ils donnent tout et ils ont du caractère. C’est ma responsabilité, OK ? », a déclaré Postecoglou.
L’entraîneur a ensuite appelé à davantage de mesure dans les critiques visant le Portugais : « Vous ne devriez pas dire ça de quelqu’un qui reste un exemple pour tout le monde. Vous devriez faire attention quand vous dites ce genre de choses sur quelqu’un qui a construit sa carrière avec tous ces sacrifices pour continuer à jouer. Vous pouvez me critiquer, il n’y a pas de problème. » Ces déclarations illustrent la pression qui entoure désormais Al-Nassr. Le club ne peut pas se contenter du statut de ses vedettes : il doit rapidement retrouver une cohérence collective, notamment sur la scène continentale.

Sept matches pour éviter une campagne asiatique compromise
Malgré ce départ catastrophique, Al-Nassr n’est pas encore condamné dans la compétition. Le club saoudien dispose encore de sept rencontres pour redresser sa situation et tenter de relancer sa campagne. L’enjeu sera double : corriger les déséquilibres apparus face à Al-Aïn et permettre à Cristiano Ronaldo de retrouver une influence plus régulière dans le jeu. La présence de João Félix et de Sadio Mané offre des solutions offensives, mais leur association devra produire davantage pour éviter que les responsabilités reposent excessivement sur le Portugais. Cette première journée laisse donc plusieurs questions ouvertes : Al-Nassr saura-t-il réagir collectivement ? Ronaldo peut-il encore imposer son rythme dans les matches de haut niveau asiatique ? Et le club parviendra-t-il à transformer cette lourde défaite en simple accident de parcours ? Al-Nassr a manqué son entrée en Ligue des champions asiatique, mais le véritable défi commence désormais : transformer une soirée de colère et de doutes en réaction collective.




