Michel Platini a violemment chargé Gianni Infantino lors de son passage dans le Canal Football Club. En conflit judiciaire avec le patron de la FIFA, l’ancien président de l’UEFA dénonce aussi la gouvernance du football moderne et affirme que son véritable pouvoir appartient aux joueurs.
De proches collaborateurs à adversaires devant la justice
La rupture entre les deux hommes ne relève plus d’un simple désaccord politique. Depuis le début de l’été, Michel Platini a engagé une procédure judiciaire contre Gianni Infantino, qu’il accuse notamment de « trafic d’influence », d’« association de malfaiteurs en vue de commettre une dénonciation calomnieuse » et de « dénonciation calomnieuse ».
Une situation particulièrement spectaculaire au regard de leur passé commun à l’UEFA. Platini présidait alors l’instance européenne, tandis qu’Infantino en était le secrétaire général. Avec le recul, l’ancien international français affirme avoir rapidement perçu chez son collaborateur une forte ambition personnelle. Platini estime notamment qu’Infantino était déjà attiré par le pouvoir et l’argent, même s’il évoluait à l’époque sous l’autorité d’un supérieur. Une déclaration qui donne une autre dimension à leur rupture actuelle.

« Les patrons du football, ce sont les joueurs »
Mais l’attaque de Platini ne s’arrête pas au président de la FIFA. L’ancien numéro 10 français remet en question tout un système de gouvernance qu’il juge de plus en plus éloigné de l’essence du football. Selon lui, il faut distinguer le spectacle produit sur le terrain des jeux de pouvoir qui se déroulent dans les bureaux des institutions. Pour Platini, le football reste avant tout une succession de matchs et une fête populaire ; la politique appartient à un autre univers.
Son constat est particulièrement sévère envers les dirigeants qu’il accuse de former un « microcosme » se considérant comme propriétaire du football. Et l’ancien champion propose une autre hiérarchie. Pour lui, les véritables figures centrales de ce sport sont les joueurs, citant notamment Kylian Mbappé, Zinédine Zidane et Diego Maradona. Cette vision traduit une critique plus profonde : Platini reproche aux responsables des instances d’avoir progressivement transformé le football en une gigantesque organisation administrative et financière. « Il faudrait des joueurs », résume-t-il, considérant que l’expérience du terrain devrait davantage peser dans la gouvernance du sport.
Platini veut voir Infantino partir, mais pas par le football
Malgré son opposition frontale à Infantino, Platini ne souhaite pas que le président de la FIFA soit écarté par une simple bataille politique entre institutions sportives. Alors que l’UEFA envisagerait de constituer un dossier judiciaire contre le dirigeant de la FIFA pour « gestion déloyale », l’ancien patron de l’instance européenne estime que la justice doit être le véritable arbitre de cette confrontation.

Son raisonnement est sans ambiguïté : si Infantino a effectivement manqué à ses obligations en tant que garant des règles, son départ doit découler d’une procédure judiciaire plutôt que d’un affrontement entre instances. Platini avait déjà durci son discours en janvier, allant jusqu’à qualifier Infantino d’« autocrate » depuis la période de la pandémie. Ses nouvelles déclarations confirment donc une opposition désormais profondément installée.
Une rupture définitive avec les instances
Paradoxalement, Michel Platini ne cherche pas à reprendre une place dans ce système qu’il critique. Malgré son expérience et son influence historique, l’ancien président de l’UEFA assure que son retour aux responsabilités n’est plus à l’ordre du jour. Son message est clair : les clubs et les instances appartiennent désormais au passé pour lui.
Cette position donne une portée particulière à ses critiques. Platini ne semble pas préparer un retour politique dans le football institutionnel. Il entend plutôt défendre une certaine conception du sport, fondée sur le jeu, les joueurs et le spectacle, tout en poursuivant son affrontement avec Infantino sur le terrain judiciaire.




