La finale de la Coupe d’Afrique des Nations – CAN 2025, disputée à Rabat entre le Maroc et le Sénégal, continue de faire des vagues. Au-delà du sacre des Lions de la Teranga, les incidents survenus en toute fin de rencontre ont ouvert un dossier disciplinaire sensible, que la Commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) doit examiner ce mardi 27 janvier 2026. En toile de fond : contestation arbitrale, retrait des joueurs sénégalais et climat de forte tension.
Des faits lourds sur le plan disciplinaire
Les éléments à l’étude concernent principalement la réaction de la sélection sénégalaise après le penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel. Sur instruction de leur sélectionneur, Pape Thiaw, les Lions de la Teranga ont quitté la pelouse pour regagner les vestiaires, provoquant une interruption prolongée du match.
Selon les règlements disciplinaires de la CAF, un tel comportement peut exposer une équipe à des sanctions sévères : amendes financières, suspensions individuelles, voire sanctions sportives si l’acte est jugé comme un refus de jeu. Le sélectionneur sénégalais figure ainsi parmi les principaux acteurs susceptibles d’être sanctionnés.

L’arbitrage au cœur de la polémique
Au Sénégal, l’attention se porte également sur l’arbitre de la rencontre, Jean-Jacques Ndala. Avant d’accorder le penalty au Maroc après recours à la VAR, l’officiel avait sifflé une faute jugée légère dans la surface marocaine, annulant un but d’Ismaïla Sarr. Une décision qui a alimenté les accusations d’arbitrage partisan.
Des critiques appuyées ont été formulées par des observateurs et anciens arbitres, estimant que l’action aurait dû être laissée se poursuivre avant une éventuelle révision vidéo. Dans les médias sénégalais, certains vont jusqu’à réclamer une radiation de l’arbitre, même si, sur le plan réglementaire, la CAF sanctionne rarement un officiel uniquement sur la base d’interprétations techniques.

Une commission sous pression, mais encadrée
Initialement prévue dimanche, la réunion de la Commission de discipline a été reportée à mardi (27 janvier 2026) à la demande de la Fédération sénégalaise de football (FSF), souhaitant disposer de plus de temps pour préparer sa défense. Dans un souci de neutralité, le président sénégalais de ladite commission a été temporairement écarté du dossier, conformément aux procédures internes de la CAF.
Ce report intervient dans un contexte de déclarations très critiques du président de la FSF, Abdoulaye Fall, mettant en cause l’influence du Maroc au sein des instances africaines. Des accusations que les faits logistiques et organisationnels documentés par la CAF et les autorités marocaines tendent toutefois à relativiser.

Quelles sanctions concrètes attendre ?
Au regard des précédents disciplinaires, les sanctions les plus probables concernent :
des amendes financières à l’encontre de la FSF ;
une suspension du sélectionneur sénégalais pour incitation au retrait de l’équipe ;
d’éventuelles sanctions individuelles contre des joueurs ou officiels identifiés dans les incidents ;
des huis clos partiels ou avertissements en cas de responsabilité avérée des supporters.
Concernant l’arbitrage, une mise à l’écart temporaire ou une non-désignation future reste plus plausible qu’une sanction lourde.
La décision attendue de la CAF sera scrutée bien au-delà du cas Maroc–Sénégal. Elle engagera la crédibilité de l’instance continentale et son autorité face aux contestations arbitrales et aux comportements de rupture de jeu. Une chose est sûre : la finale de la CAN 2025 laissera des traces, sportives autant qu’institutionnelles.




